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Cockpit Concorde : À Quoi Ressemblait l’Intérieur ?

Vous vous demandez à quoi ressemblait le cockpit du Concorde ? Comment les pilotes géraient cette machine si complexe, remplie de centaines de boutons et d’instruments ? C’était bien plus qu’un simple poste de pilotage.

Cet article est une visite guidée du poste de pilotage mythique du Concorde. On va explorer chaque panneau et chaque commande pour comprendre comment cet avion hors du commun était piloté à plus de 2000 km/h.

La Composition de l’Équipage : Un Trio aux Commandes

Pour piloter le Concorde, il ne fallait pas deux, mais trois personnes. Le cockpit était conçu pour un équipage de trois membres, chacun avec un rôle bien défini pour gérer la complexité du vol supersonique.

L’équipage dans le cockpit du Concorde comprenait :

  • Le Commandant de Bord (CDB) : assis à gauche, il est le responsable de l’avion.
  • L’Officier Pilote de Ligne (OPL) ou copilote : assis à droite, il assiste le commandant de bord.
  • L’Officier Mécanicien Navigant (OMN) : assis derrière le copilote, sur un siège latéral. Son travail était de gérer tous les systèmes de l’avion.

Cette configuration à trois était nécessaire car les ordinateurs de l’époque ne pouvaient pas tout automatiser. L’OMN était le « chef d’orchestre » technique, surveillant la mécanique pendant que les deux pilotes se concentraient sur le pilotage.

Exploration du Cockpit : Zone par Zone

Le poste de pilotage du Concorde peut sembler chaotique, mais il est organisé de manière logique. Chaque panneau regroupe des fonctions précises. Voici une visite guidée des différentes zones que l’équipage avait sous les yeux.

Le Tableau de Bord Principal (Main Instrument Panel)

C’est la partie située juste en face des deux pilotes. Le tableau de bord principal contient tous les instruments de vol essentiels pour savoir où l’on va, à quelle vitesse et à quelle altitude. L’agencement est presque symétrique, chaque pilote ayant ses propres instruments de base.

On y trouve les indicateurs classiques, mais adaptés à la haute performance :

  • L’Horizon Artificiel (ADI) : Il montre la position de l’avion par rapport à l’horizon. Un horizon artificiel de secours était également présent.
  • L’Indicateur de Situation Horizontale (HSI) : Affiche le cap suivi par l’avion et les informations de navigation.
  • Le Machmètre : C’est l’instrument clé. Il indique la vitesse en nombre de Mach. Passer Mach 1 (le mur du son) et maintenir Mach 2 était une procédure surveillée de très près sur cet instrument.
  • L’Altimètre : Indique l’altitude de vol, qui pouvait atteindre 60 000 pieds (18 km).

Le Panneau Supérieur (Overhead Panel)

Situé au-dessus de la tête des pilotes, l’Overhead Panel est une mosaïque d’interrupteurs et de voyants. Ce panneau sert à contrôler la quasi-totalité des systèmes de l’avion. C’est souvent l’OMN qui manipulait une grande partie de ces commandes.

Ce panneau gérait :

  • La gestion du carburant : Les commandes des pompes et du transfert de carburant. Le déplacement du carburant entre les réservoirs était essentiel pour équilibrer l’avion en vol supersonique.
  • Le système électrique : Le contrôle des générateurs et les disjoncteurs.
  • Les commandes anti-givre : Pour protéger les ailes et les entrées d’air des moteurs.
  • Les extincteurs des réacteurs : En cas d’incendie moteur.

Le Piédestal Central (Pedestal)

Le piédestal est la console située entre les deux sièges des pilotes. Elle regroupe les commandes que les deux pilotes doivent pouvoir atteindre facilement. C’est le centre névralgique pour la puissance et la communication.

On y trouve les éléments suivants :

  1. Les manettes de puissance (4) : aussi appelées manettes de gaz, une pour chaque réacteur Olympus.
  2. Les commandes de réchauffe : Ces manettes activaient la post-combustion, une injection de carburant qui donnait la poussée nécessaire pour passer le mur du son.
  3. Les panneaux radio : Pour communiquer avec le contrôle aérien.
  4. Les commandes du pilote automatique : Pour le pilotage automatique en croisière.
  5. Les claviers de navigation inertielle (INS) : Le système de navigation principal avant le GPS.

Le Panneau de l’Officier Mécanicien Navigant (OMN)

Le poste de l’Officier Mécanicien Navigant est un monde à part. Situé sur le côté droit du cockpit, ce panneau est le plus dense en cadrans, jauges et voyants de tout l’avion. Il s’agit du centre de supervision technique de l’appareil.

L’OMN surveillait en permanence :

  • Les paramètres moteurs détaillés : température, pression, régime de chaque réacteur.
  • Le schéma complet du circuit carburant, avec les quantités dans chaque réservoir.
  • La gestion de la pressurisation de la cabine.
  • Les commandes hydrauliques et les températures des entrées d’air.

Le saviez-vous ? Le poste de l’OMN était si complexe qu’il était surnommé « le mur de la peur » par certains. C’était le poste le plus chargé en informations de tous les cockpits de l’époque.

L’Instrument Unique du Concorde : La Commande du Nez Basculant

Un des éléments les plus connus du Concorde est son nez mobile. La commande de ce « nez basculant » est une manette unique située sur le côté gauche du tableau de bord du commandant.

Le nez devait s’abaisser pour une raison simple : la visibilité. En vol de croisière, le nez était relevé (position 0°) pour l’aérodynamisme. Mais à basse vitesse, l’avion avait une assiette (une inclinaison) très cabrée. Le long nez masquait alors complètement la piste aux pilotes.

Il existait plusieurs positions :

  • Position 0° : En vol supersonique, pour une traînée minimale.
  • Position 5° : Pour le roulage au sol, le décollage et l’approche initiale.
  • Position 12.5° : Pour l’approche finale et l’atterrissage, offrant la meilleure visibilité possible.

Cette manette contrôlait à la fois le nez et une visière de protection qui venait se placer devant les vitres du cockpit pour les protéger de la chaleur à haute vitesse.

Foire Aux Questions (FAQ) sur le Cockpit du Concorde

Combien de personnes étaient dans le cockpit du Concorde ?

L’équipage standard était de trois personnes : le commandant de bord, le copilote et l’officier mécanicien navigant. Il y avait aussi deux sièges observateurs, appelés « strapontins », pour un observateur siège et un second observateur.

Pourquoi y avait-il un mécanicien navigant ?

Parce que les systèmes du Concorde étaient trop complexes pour être gérés uniquement par les pilotes. L’automatisation n’était pas assez avancée. L’OMN était indispensable pour gérer le carburant, les réacteurs, l’hydraulique et l’électricité, libérant les pilotes pour se concentrer sur le vol.

Le cockpit du Concorde était-il moderne pour son époque ?

Oui, c’était le summum de la technologie des années 60 et 70. C’était un cockpit analogique, sans les écrans numériques des avions modernes, mais il intégrait des systèmes de pointe comme la navigation inertielle et un pilote automatique capable de gérer le passage supersonique.

À quoi servaient tous ces boutons ?

Chaque bouton et interrupteur avait une fonction précise et souvent manuelle. Contrairement aux avions modernes où un ordinateur gère de nombreuses tâches, dans le Concorde, l’équipage devait configurer, activer et surveiller chaque système manuellement via les cockpit commandes.

Peut-on visiter un cockpit de Concorde aujourd’hui ?

Oui, plusieurs Concorde de la collection sont exposés dans des musées à travers le monde. Vous pouvez monter à bord et voir le poste de pilotage au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget (France), au Fleet Air Arm Museum (Royaume-Uni) ou encore au Museum of Flight de Seattle (États-Unis).

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