Vous entendez souvent parler du Lockheed-Martin F-35 Lightning II ? Vous vous demandez ce que cet avion de chasse a vraiment dans le ventre, au-delà des annonces ? Vous cherchez des informations claires, sans le jargon technique compliqué ?
Cet article vous donne la fiche technique complète de l’appareil. Vous y trouverez toutes les caractéristiques techniques, les performances et les différences entre les versions de cet avion de 5ème génération, de manière simple et directe.
Fiche technique complète du F-35 Lightning II
Avant d’analyser l’histoire et les capacités de l’appareil, voici un tableau qui résume toutes ses spécifications. Il vous permet de voir d’un seul coup d’œil les informations essentielles sur les trois variantes principales : F-35A, F-35B et F-35C.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Constructeur | Lockheed Martin Aeronautics |
| Rôle | Avion de combat multirôle, furtif |
| Statut | En service |
| Premier vol | 15 décembre 2006 (F-35A) |
| Mise en service | 31 juillet 2015 (F-35B) |
| Coût unitaire (2023) | F-35A : ~82,5 millions de dollars F-35B : ~109 millions de dollars F-35C : ~102 millions de dollars |
| Nombre construits | Plus de 1000 exemplaires (fin 2023) |
| Équipage | 1 pilote |
| Moteur | 1 turboréacteur Pratt & Whitney F135 |
| Poussée | À sec : 125 kN / Avec postcombustion : 191 kN |
| Dimensions | F-35A (CTOL) : – Envergure : 10,7 m – Longueur : 15,7 m – Hauteur : 4,38 m F-35B (STOVL) : – Envergure : 10,7 m – Longueur : 15,6 m – Hauteur : 4,36 m F-35C (CATOBAR) : – Envergure : 13,1 m – Longueur : 15,7 m – Hauteur : 4,48 m |
| Masse à vide | F-35A : 13 300 kg F-35B : 14 700 kg F-35C : 15 800 kg |
| Masse maximale | 31 800 kg (pour les 3 versions) |
| Vitesse maximale | Mach 1.6 (~1 975 km/h) |
| Plafond | 15 240 m (50 000 pieds) |
| Autonomie / Rayon d’action | F-35A : 1 239 km F-35B : 935 km F-35C : 1 241 km |
| Armement interne | Jusqu’à 2 590 kg en soutes. 1 canon GAU-22/A de 25 mm (interne sur le F-35A, en pod sur B/C). |
| Charge externe | Jusqu’à 6 800 kg sur 6 pylônes d’ailes (en mode non-furtif). |
| Avionique | Radar AESA Northrop Grumman AN/APG-81, système de détection AN/AAQ-37 (DAS), viseur de casque. |
L’histoire du programme : du Joint Strike Fighter (JSF) au F-35
Le F-35 ne sort pas de nulle part. Son histoire commence dans les années 1990 avec le lancement du programme Joint Strike Fighter (JSF) aux États-Unis. L’idée de départ était simple : créer un programme unique pour remplacer plusieurs types d’appareils vieillissants de l’armée de l’air (USAF), de la marine (US Navy) et du corps des Marines.
L’objectif était de réduire les coûts de développement et de maintenance en mutualisant les efforts. Deux constructeurs se sont affrontés : Lockheed Martin avec son prototype X-35, et Boeing avec le X-32. Après une compétition intense, c’est le X-35 de Lockheed Martin qui a été choisi en 2001, notamment pour ses performances supérieures en décollage court et atterrissage vertical.
Le saviez-vous ? Le programme JSF est l’un des programmes d’armement les plus chers de l’histoire. L’investissement total sur sa durée de vie est estimé à plus de 1 700 milliards de dollars, incluant la R&D, la production et la maintenance sur plusieurs décennies.
Le premier vol du premier appareil de série, un F-35A, a eu lieu en 2006. Mais le chemin vers une mise en service complète a été long et semé d’embûches, avec de nombreux retards et dépassements de budget qui ont alimenté la controverse autour de cet avion de génération avancée.
Les trois variantes en détail : F-35A, F-35B et F-35C
Le F-35 n’est pas un seul appareil, mais une famille de trois avions qui partagent une base commune. Chaque version a été pensée pour un besoin et un environnement spécifiques. Comprendre leurs différences est essentiel pour saisir la polyvalence du programme.
Le F-35A : la version standard pour les forces aériennes (CTOL)
Le F-35A est la version la plus produite et la plus répandue. CTOL signifie « Conventional Take-Off and Landing », c’est-à-dire qu’il décolle et atterrit de manière classique, sur une piste. C’est le successeur direct des F-16 et A-10 pour l’US Air Force.
C’est aussi la version choisie par la grande majorité des pays clients à l’export, comme l’Allemagne, la Suisse ou la Finlande. Il est le seul des trois à intégrer un canon interne de 25 mm, ce qui lui donne une capacité d’appui au sol immédiate. Récemment, cet appareil a été certifié pour emporter des bombes nucléaires tactiques B61-12, renforçant son rôle au sein de l’OTAN.
Le F-35B : la version à décollage court et atterrissage vertical (STOVL)
Le F-35B est sans doute le plus impressionnant. STOVL veut dire « Short Take-Off and Vertical Landing ». Il peut décoller sur des pistes très courtes et atterrir comme un hélicoptère. Cette capacité est rendue possible par une tuyère principale orientable vers le bas et une soufflante de sustentation située derrière le cockpit.
Cet avion a été conçu principalement pour le Corps des Marines américain, pour opérer depuis des navires d’assaut amphibies qui n’ont pas de catapultes. Le Royaume-Uni et l’Italie l’utilisent également sur leurs porte-aéronefs. Ce système complexe a un coût : le F-35B emporte moins de carburant que le F-35A et son canon doit être emporté dans une nacelle externe.
Le F-35C : le spécialiste des porte-avions (CATOBAR)
Le F-35C est la version de la défense navale américaine. CATOBAR signifie « Catapult Assisted Take-Off But Arrested Recovery ». Il est conçu pour être catapulté depuis les porte-avions de l’US Navy et s’y poser grâce à une crosse d’appontage.
Pour résister aux contraintes extrêmes des opérations sur porte-avions, le F-35C a plusieurs différences majeures :
- Une surface alaire plus grande pour une meilleure portance à basse vitesse.
- Des ailes repliables pour gagner de la place sur le pont d’envol.
- Un train d’atterrissage renforcé et une crosse d’appontage.
- Une plus grande autonomie grâce à une capacité en carburant supérieure.
Coûts, controverses et défis du programme
Le F-35 est autant connu pour sa technologie que pour ses coûts exorbitants. Le coût total du programme, qui s’étend sur plus de 50 ans, a explosé bien au-delà des estimations initiales. Ce budget colossal couvre non seulement l’achat des exemplaires mais aussi leur maintenance et leurs futures modernisations.
Un des chiffres les plus scrutés est le coût de l’heure de vol, estimé autour de 42 000 dollars. C’est bien plus que ses concurrents comme le Rafale. Cette dépense s’explique par la complexité de sa maintenance, notamment son système logistique centralisé (nommé ODIN) qui gère l’état de tous les appareils dans le monde.
Le programme fait face à des défis techniques, comme les retards de la modernisation Block 4, qui doit apporter de nouvelles capacités logicielles et matérielles. La disponibilité opérationnelle des appareils, c’est-à-dire le pourcentage de la flotte apte au combat, reste un point de vigilance pour toutes les forces aériennes qui l’utilisent.
Enfin, des critiques ont souvent porté sur ses performances en combat aérien rapproché (« dogfight ») face à des chasseurs plus agiles. Cependant, la doctrine d’emploi du F-35 repose sur sa furtivité et ses capteurs pour détecter et engager l’ennemi bien avant d’être vu, rendant le combat tournoyant moins probable.
Quels sont les pays utilisateurs du F-35 ?
Le F-35 est devenu de facto le chasseur standard de l’OTAN pour la nouvelle génération. Sa large adoption favorise l’interopérabilité entre les forces aériennes alliées. Aux États-Unis, les trois variantes équipent l’Air Force, la Navy et les Marines. De nombreux autres pays ont déjà reçu ou commandé l’appareil.
La liste des partenaires et clients ne cesse de s’allonger, surtout en Europe :
- Partenaires du programme : États-Unis, Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Australie, Canada, Danemark, Norvège.
- Clients à l’export : Israël, Japon, Corée du Sud, Belgique, Pologne, Singapour.
- Nouveaux clients européens : Suisse, Finlande, Allemagne, République Tchèque, Roumanie.
Cette standardisation pose la question de la souveraineté et de la défense européenne. Des projets comme le SCAF, mené par le trio France, Allemagne, Espagne, visent justement à développer une alternative pour garantir l’autonomie stratégique du continent. Mais pour l’heure, le F-35 de Lockheed domine le marché.
FAQ sur le Lockheed Martin F-35
Quel est le prix d’un F-35A ?
Le coût d’un F-35A est d’environ 82,5 millions de dollars par appareil (chiffres 2023). Ce prix ne comprend pas les coûts de maintenance, de formation et d’armement. Les versions B et C sont plus chères en raison de leur complexité technique.
Quelle est la vitesse maximale du F-35 ?
La vitesse maximale du F-35, pour toutes ses variantes, est de Mach 1.6, soit environ 1 975 kilomètres par heure à haute altitude. Son point fort n’est pas la vitesse pure, mais sa combinaison de furtivité, de capteurs et de fusion de données.
Le F-35 peut-il décoller à la verticale ?
C’est une confusion fréquente. Seul le F-35B peut atterrir à la verticale et décoller sur une très courte distance (STOVL). Il ne peut pas décoller à la verticale avec une charge de combat complète. Les versions F-35A et F-35C décollent et atterrissent de manière conventionnelle.
Pourquoi le F-35 est-il si cher ?
Son prix élevé vient de sa technologie de 5ème génération. Cela inclut sa furtivité (matériaux et forme spécifiques), son radar AESA très performant, son système de capteurs à 360° et le logiciel complexe qui fusionne toutes ces informations pour le pilote. Les milliards de dollars investis en recherche et développement se répercutent sur le prix de chaque appareil.
Quels sont les principaux concurrents du F-35 ?
Les principaux concurrents du F-35 sur le marché mondial des avions de combat sont :
- Le Dassault Rafale (France)
- L’Eurofighter Typhoon (Consortium européen)
- Le Sukhoi Su-57 (Russie)
- Le Shenyang J-31 (Chine)
- Le Saab Gripen E/F (Suède)
