Vous avez entendu parler du Centre de Vol en Montagne et vous vous demandez ce que c’est exactement ? Vous voulez savoir quel est son rôle, pourquoi il est si important pour les pilotes d’hélicoptère et où il se trouve ?
Le Centre de Vol en Montagne (CVM) est le centre de formation unique de l’Armée de Terre pour apprendre à piloter en milieu montagneux. Situé à Sainte-Léocadie dans les Pyrénées, il forme les pilotes de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT) et de plusieurs armées partenaires à opérer dans les conditions les plus difficiles. Cet article vous explique tout sur ses missions et son histoire.
Le CVM de Sainte-Léocadie en bref
Pour avoir une idée rapide, voici les informations clés sur ce centre unique. Il est situé à une altitude qui met immédiatement les aéronefs et les équipages en condition.
| Caractéristique | Information |
|---|---|
| Nom complet | Centre de Vol en Montagne (CVM) |
| Localisation | Sainte-Léocadie, Pyrénées-Orientales |
| Altitude | 1 300 mètres |
| Création | 1960 (détachement), 1973 (centre officiel) |
| Mission principale | Formation au vol en montagne et en conditions extrêmes |
| Unité de rattachement | École de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (EALAT) du Luc-en-Provence |
Quelles sont les missions du Centre de Vol en Montagne ?
Le CVM n’est pas juste une école de pilotage. Sa mission est de pousser les pilotes et leurs machines à leurs limites pour les préparer à toutes les situations. L’entraînement est intense et se concentre sur plusieurs points.
Les objectifs principaux du centre sont clairs et visent à donner une autonomie complète aux pilotes en environnement hostile. Chaque année, des centaines d’heures de vol instruction y sont réalisées.
- Former au vol en « limite de puissance ». C’est la compétence clé enseignée ici. Les pilotes apprennent à manœuvrer quand l’hélicoptère a moins de puissance à cause de l’altitude.
- S’entraîner dans des conditions difficiles. Le centre prépare les équipages à gérer une météo imprévisible, des vents violents et une aérologie complexe propre aux zones de montagne.
- Préparer aux opérations extérieures (OPEX). Les compétences acquises dans les Pyrénées sont directement transposables sur des théâtres d’opérations montagneux comme l’Afghanistan.
- Former des partenaires étrangers. Le CVM accueille des stagiaires de nombreuses nations, comme la Belgique, l’Allemagne ou plus récemment la République Tchèque, ce qui confirme sa réputation internationale.
- Apporter un soutien local. Le centre aide aussi pour des missions de service public, comme le soutien au pastoralisme ou la surveillance de l’environnement.
Plus on monte en altitude, plus l’air est rare. Un moteur d’hélicoptère a donc moins d’air à « brasser » et perd de sa puissance. Le pilote doit apprendre à gérer son énergie au plus juste pour monter, se poser ou décoller sans risquer le crash. C’est une compétence technique qui demande une énorme précision.
L’histoire du CVM de Saillagouse : les dates clés
L’histoire du CVM est liée à la nécessité pour l’armée française de maîtriser l’environnement montagneux après les conflits d’Indochine et d’Algérie. Tout a commencé avec un simple détachement.
L’aventure débute en 1960 avec la création d’un détachement permanent de l’École d’Application de l’ALAT (EAALAT) de Dax. Les hélicoptères de l’époque, comme l’Alouette II, étaient parfaits pour explorer les possibilités du vol en montagne. Face au succès de cette structure, la création officielle du CVM a lieu le 1er août 1973. Il devient alors une unité à part entière, aujourd’hui rattachée à la base école du Luc-en-Provence.
Les commandants du CVM
De nombreux chefs se sont succédé à la tête du centre. Leur commandement marque les différentes époques du CVM et l’évolution de la formation. Voici la liste des commandants qui ont dirigé ce centre d’excellence.
| Commandant | Dates |
|---|---|
| CNE Georges Pugibet | 1961-1964 |
| CNE Marcel Tissot | 1964-1967 |
| CNE Michel Legrand | 1967-1970 |
| CNE Paul Allegret | 1970-1973 |
| CNE François Mermet | 1973-1976 |
| CNE Robert Chassat | 1976-1979 |
| CNE Christian Dairou | 1979-1982 |
| CNE Jean-Régis Véchambre | 1982-1985 |
| CNE Michel Averous | 1985-1988 |
| CNE Philippe Lejeune | 1988-1991 |
| CNE Rémy Gatinois | 1991-1994 |
| CNE Didier Paturel | 1994-1997 |
| CNE Thierry de la Messelière | 1997-2000 |
| CNE Bertrand Buchler | 2000-2003 |
| CNE Jacques Bardi de Fourtou | 2003-2006 |
| CNE Jérôme Rabier | 2006-2009 |
| CNE Fabrice Sprang | 2009-2012 |
| CNE Fabien Gérard | 2012-2015 |
| CNE Nicolas Honnet | 2015-2017 |
| CNE Grégory Perrin | 2017-2020 |
| CNE Éric Foroit | 2020-2023 |
| CDT David Bartomeus | 2023-2025 |
| CDT Alexis Gard | Désigné pour 2025 |
Pour plus de détails, vous pouvez consulter l’historique complet sur le site de référence de l’ALAT. Le centre est donc pleinement actif, avec une vision claire pour les années à venir.
Qui est formé sur la plateforme de Sainte-Léocadie ?
Si le CVM est une école de l’armée de Terre, son expertise attire bien au-delà. La plateforme située à Sainte-Léocadie forme un large éventail de personnel naviguant, français comme étrangers. C’est un véritable pôle de coopération internationale.
Les principaux stagiaires venant se former dans les Pyrénées-Orientales sont :
- Les pilotes d’hélicoptères de l’ALAT, qui constituent le cœur des effectifs en formation.
- Les pilotes de l’Armée de l’Air et de l’Espace.
- Des personnels de la Gendarmerie Nationale et des Douanes.
- Des pilotes de nombreuses armées étrangères, preuve de la renommée internationale du centre. On y croise régulièrement des Belges, des Allemands, des Britanniques ou des Néerlandais.
Questions fréquentes sur le Centre de Vol en Montagne
Voici des réponses directes aux questions souvent posées sur le CVM.
Pourquoi le vol en montagne est-il si particulier ?
Le vol en montagne est complexe pour trois raisons principales :
- La faible densité de l’air : En altitude, l’air est moins dense. Les pales de l’hélicoptère ont moins de « prise », et le moteur perd de la puissance.
- L’aérologie : Les vents changent vite et créent des courants imprévisibles près des reliefs.
- L’absence de repères : Le relief peut tromper la perception des distances et des altitudes.
C’est pourquoi une formation spécifique, comme celle du CVM, est nécessaire pour garantir la sécurité.
Quels hélicoptères volent au CVM ?
Les hélicoptères utilisés pour la formation de base sont principalement des Gazelle et des Fennec. Mais le CVM accueille aussi régulièrement d’autres appareils de l’armée de Terre pour des stages de perfectionnement :
- Puma
- Caïman
- Tigre
Le centre voit également voler les appareils des armées étrangères venues en stage (par exemple des NH90 ou des H145).
Le CVM est-il ouvert au public ?
Non, le CVM est une base militaire et n’est pas accessible au public. L’accès est strictement réservé au personnel militaire et aux personnes autorisées. Des événements exceptionnels comme des journées portes ouvertes peuvent avoir lieu, mais ils sont rares et annoncés via les canaux officiels de l’armée de Terre.
