Vous préparez un voyage aux Canaries et vous avez lu sur internet que certains aéroports y sont dangereux ? Les récits d’atterrissages difficiles à Tenerife ou ailleurs vous inquiètent ? Vous cherchez à savoir ce qu’il en est vraiment avant de prendre votre avion ?
Cet article analyse factuellement la situation. Vous allez comprendre pourquoi certains aéroports des Canaries ont cette réputation et quelles sont les mesures de sécurité mises en place. L’objectif est simple : vous donner une information claire pour savoir si les aéroports des Canaries présentent un risque réel pour les passagers.
Réponse Claire : Faut-il Avoir Peur des Aéroports Canariens ?
La réponse directe est non. Selon les normes internationales de sécurité aérienne, les aéroports des Canaries ne sont pas considérés comme dangereux. Il est plus juste de les qualifier d’aéroports « exigeants » ou « techniques » pour les pilotes. La nuance est importante. Un aéroport dangereux serait un aéroport où les infrastructures sont défaillantes ou les procédures de sécurité laxistes, ce qui n’est absolument pas le cas ici.
La difficulté de certains aéroports canariens vient principalement des conditions météorologiques parfois complexes, notamment le vent. Ces phénomènes sont bien connus des compagnies aériennes et des autorités. Il existe des procédures de sécurité très strictes pour y faire face, et seuls des pilotes qualifiés et spécifiquement formés sont autorisés à y opérer. La sécurité des passagers reste la priorité numéro un à chaque instant.
Le Principal Défi Météorologique : Comprendre le Phénomène du Cisaillement de Vent
Le principal facteur qui a construit la réputation des aéroports canariens est le vent, et plus précisément le « cisaillement de vent ». C’est un terme que l’on entend souvent, mais que signifie-t-il ? C’est une variation soudaine de la vitesse ou de la direction du vent sur une très courte distance. Pour un avion en phase d’approche, cela peut le faire dévier de sa trajectoire d’atterrissage.
Ce phénomène est fréquent aux Canaries pour plusieurs raisons :
- Le relief volcanique : Les montagnes et les falaises de l’île créent des obstacles qui perturbent les flux d’air.
- La position dans l’océan : Les îles sont exposées aux vents atlantiques, qui peuvent être forts et instables.
- La chaleur : Le sol chauffé par le soleil crée des courants d’air ascendants qui se mélangent aux vents plus froids en altitude.
Lorsqu’un pilote détecte un cisaillement de vent trop important, il applique une procédure de sécurité standard : la remise de gaz. L’avion interrompt son atterrissage, remonte en altitude et se représente pour une nouvelle approche lorsque les conditions sont meilleures. C’est une décision de sécurité normale et non un incident. C’est la preuve que les protocoles fonctionnent et que le pilote ne prendra jamais le moindre risque.
C’est une manœuvre parfaitement maîtrisée par les pilotes. Si, pendant l’approche finale, les conditions ne sont pas optimales (vent, piste non dégagée, etc.), l’équipage remet la pleine puissance des moteurs pour reprendre de l’altitude. C’est une procédure de précaution, enseignée et répétée des milliers de fois en simulateur. Cela peut être impressionnant pour les passagers, mais c’est un signe de grand professionnalisme.
Tour d’Horizon des Principaux Aéroports des Canaries
Toutes les îles des Canaries n’ont pas les mêmes caractéristiques. Certains aéroports sont plus exposés au vent que d’autres à cause de leur localisation. Voici un aperçu des principaux aéroports et de leurs spécificités.
| Aéroport (Nom + Code) | Île | Particularités Notables | Mesures de Sécurité en Place |
|---|---|---|---|
| Tenerife Sud (TFS) – Reina Sofía | Tenerife | Principal aéroport international. Souvent exposé à des vents forts, mais pistes longues et dégagées. | Équipements modernes de détection du vent. Procédures d’approche spécifiques. |
| Tenerife Nord (TFN) – Los Rodeos | Tenerife | Situé en altitude, souvent sujet aux brouillards soudains. Réputation historique. | Radars au sol, systèmes d’atterrissage de précision (ILS Cat II/III). Trafic principalement inter-îles. |
| Gran Canaria (LPA) – Gando | Grande Canarie | Exposé aux vents alizés. Pistes longues près de la mer, approches généralement stables. | Très bien équipé. Pilotes formés aux conditions de vent locales. Base aérienne militaire adjacente. |
| Lanzarote (ACE) – César Manrique | Lanzarote | Le vent est quasi permanent (alizés). L’approche se fait souvent au-dessus de l’eau. | Aéroport habitué à gérer le vent. Procédures standardisées pour ce type de conditions. |
| Fuerteventura (FUE) | Fuerteventura | Similaire à Lanzarote, très exposé au vent. Topographie plate autour de la piste. | Les pilotes qui desservent l’île connaissent parfaitement les conditions. Approches directes. |
Aéroport de Tenerife Sud (TFS – Reina Sofía)
C’est l’aéroport que la plupart des touristes utilisent. Construit après l’accident de 1977, il a été conçu pour être plus sûr que celui du Nord. Sa localisation au sud de l’île lui offre des conditions météorologiques généralement plus clémentes et stables. Cependant, il n’est pas rare d’y subir des vents forts et des turbulences lors de l’approche. Les pistes sont longues et l’environnement est dégagé, ce qui donne aux pilotes de nombreuses options pour atterrir en toute sécurité.
Aéroport de Tenerife Nord (TFN – Los Rodeos) et sa réputation historique
L’aéroport de Tenerife Nord traîne une réputation historique lourde à cause de la catastrophe de 1977. Situé à 600 mètres d’altitude, il est tristement célèbre pour ses brouillards très denses qui peuvent apparaître en quelques minutes. Aujourd’hui, cet aéroport est principalement utilisé pour les vols entre les îles Canaries et quelques liaisons avec la péninsule espagnole. La sécurité y a été considérablement renforcée avec des radars au sol et des systèmes d’atterrissage aux instruments de pointe qui permettent aux avions de se poser avec une visibilité très réduite.
Aéroport de Gran Canaria (LPA)
C’est le plus grand aéroport des Canaries en termes de trafic passagers. Situé au niveau de la mer, il est bien exposé aux vents alizés, mais sa configuration avec de longues pistes parallèles à la côte rend les approches et les décollages assez directs. Il est considéré comme un aéroport très sûr et moderne, servant de hub principal pour les vols inter-îles. Les remises de gaz y sont moins fréquentes qu’à Tenerife.
Aéroports de Lanzarote (ACE) et Fuerteventura (FUE)
Ces deux aéroports partagent des caractéristiques similaires. Situés sur des îles plus plates, leur principal défi est le vent quasi constant. Les pilotes qui les desservent sont habitués à composer avec ce facteur. Les approches se font généralement face au vent, ce qui est la procédure standard et la plus sûre pour un atterrissage. Le manque de relief montagneux important autour des pistes rend les conditions de vent plus prévisibles que dans le nord de Tenerife.
Mythes vs Réalités : Ce Qui a Changé Depuis l’Accident de 1977
Beaucoup de craintes concernant les Canaries, et Tenerife en particulier, proviennent de la catastrophe aérienne de 1977 à l’aéroport de Los Rodeos (Tenerife Nord). Il est essentiel de comprendre que cet accident, le plus meurtrier de l’histoire de l’aviation, n’était pas dû à un aéroport « dangereux » par nature. Il fut le résultat d’une accumulation tragique de facteurs :
- Des erreurs humaines : Problèmes de communication entre les pilotes et la tour de contrôle.
- Des conditions météo extrêmes : Un brouillard très épais a réduit la visibilité à quasi zéro sur la piste. –Une situation exceptionnelle : L’aéroport de Tenerife Nord était surchargé ce jour-là car de nombreux avions, dont les deux impliqués, avaient été déroutés de Gran Canaria suite à une alerte à la bombe.
Depuis cet événement, la sécurité aérienne mondiale a été drastiquement améliorée. Les leçons tirées de cet accident ont mené à des changements fondamentaux. Ces améliorations profitent à tous les aéroports du monde, y compris ceux des Canaries.
- Phraséologie standardisée : L’anglais est la langue de l’aviation et les communications entre pilotes et contrôleurs suivent des protocoles stricts pour éviter toute confusion.
- CRM (Crew Resource Management) : Une formation qui améliore la communication et la prise de décision au sein de l’équipage.
- Radars au sol : Ils permettent aux contrôleurs de « voir » les avions sur les pistes et les voies de circulation, même en cas de brouillard.
- Technologie embarquée : Les avions modernes sont équipés de systèmes anti-collision (TCAS) qui alertent les pilotes si un autre appareil est trop proche.
Les Garanties de Sécurité : Formation des Pilotes et Technologies Modernes
Atterrir aux Canaries, surtout dans des conditions venteuses, demande une expertise particulière. Les compagnies aériennes ne prennent aucun risque et s’assurent que leurs équipages sont parfaitement préparés. Une formation spécifique des pilotes est obligatoire pour opérer sur ces aéroports dits « à particularités ».
Cette préparation inclut des sessions intensives sur des simulateurs de vol ultra-réalistes. Ces simulateurs peuvent recréer précisément les conditions de vent, de relief et de visibilité de chaque aéroport des Canaries. Les pilotes s’entraînent des centaines de fois à gérer les cisaillements de vent et à effectuer des remises de gaz jusqu’à ce que la manœuvre devienne un réflexe. Seuls les commandants de bord ayant validé cette qualification aéroport sont autorisés à s’y poser.
En plus de la formation humaine, les technologies embarquées dans les avions modernes jouent un rôle clé. La plupart des avions de ligne sont équipés de systèmes de détection de cisaillement de vent (Wind Shear Detection System). Ces instruments analysent l’air devant l’appareil et peuvent alerter l’équipage d’un danger potentiel bien avant qu’il ne l’atteigne, leur laissant le temps de réagir et de prendre la décision la plus sûre.
Nos Conseils pour Voyager Sereinement vers les Canaries
Même en connaissant tous ces faits, il est normal de ressentir une certaine appréhension. Si vous êtes un passager anxieux, voici quelques conseils pour voyager plus sereinement vers les Canaries :
- Choisir votre siège : Les sièges situés au niveau des ailes de l’avion sont ceux où l’on ressent le moins les turbulences.
- S’informer sur la météo : Savoir que le vent est prévu peut vous aider à vous préparer mentalement aux éventuelles secousses. Vous ne serez pas surpris.
- Comprendre les bruits et mouvements : Les bruits du train d’atterrissage, les changements de puissance des moteurs, les petites secousses… tout cela est normal.
- Respirer et se détendre : Pratiquez des exercices de respiration profonde pour calmer votre système nerveux pendant l’approche.
- Faire confiance à l’équipage : Rappelez-vous que les personnes aux commandes sont des professionnels surentraînés. Leur priorité absolue est votre sécurité. Une remise de gaz est la preuve de leur prudence.
FAQ – Questions Fréquentes sur la Dangerosité des Aéroports aux Canaries
Quel est l’aéroport le plus venteux des Canaries ?
Il est difficile de donner un classement définitif, mais les aéroports de Lanzarote (ACE) et Fuerteventura (FUE) sont réputés pour leur vent quasi-constant. Cependant, c’est un vent souvent régulier (les alizés) et les pilotes y sont habitués. Tenerife (TFS et TFN) peut connaître des épisodes de vent plus instable et plus complexe à gérer à cause du relief.
Une « remise de gaz » signifie-t-il que l’avion a failli s’écraser ?
Absolument pas. C’est tout le contraire. Une remise de gaz est une décision proactive du pilote qui juge que les conditions pour un atterrissage parfait ne sont pas réunies à cet instant T. C’est une manœuvre de sécurité standard qui prouve que tous les protocoles sont respectés à la lettre pour ne prendre aucun risque.
Est-il plus sûr d’atterrir de jour que de nuit à Tenerife ?
Non, le niveau de sécurité est identique. Les avions et les aéroports sont équipés de systèmes d’atterrissage aux instruments (ILS) qui guident l’appareil avec une extrême précision jusqu’à la piste, de jour comme de nuit, et même par mauvaise visibilité. La sécurité ne dépend pas de la lumière du soleil.
Les compagnies low-cost prennent-elles plus de risques ?
Non, c’est un mythe. Toutes les compagnies aériennes opérant en Europe, qu’elles soient traditionnelles ou low-cost, doivent respecter les mêmes réglementations de sécurité très strictes édictées par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). Les standards de formation des pilotes, de maintenance des avions et les procédures en vol sont les mêmes pour toutes. Une compagnie ne peut pas faire d’économies sur la sécurité.
Vous pouvez donc voyager vers les Canaries sans crainte particulière. Les défis météorologiques de l’archipel sont réels, mais ils sont parfaitement connus et maîtrisés par des professionnels de l’aviation. Les aéroports canariens ne sont pas dangereux ; ils sont techniques et gérés avec le plus haut niveau de sécurité possible.
Le plus important est de se rappeler que chaque procédure, y compris les plus impressionnantes comme une remise de gaz, est mise en œuvre dans un seul but : garantir votre sécurité. Alors, détendez-vous et préparez-vous à profiter du soleil des Canaries.
